Only lovers left alive (Ciné)

« Je n’aime pas les films de vampires », je réponds à un ami qui me conseille Only Lovers Left Alive. Il a fait l’erreur de me parler de ça en premier. Je suis têtue mais pas obtuse. Il insiste et me dit que ce film n’est pas habituel.
Il connaît bien mes goûts et je suis rarement déçue par les films qu’il me vante. Alors je l’écoute : il m’appâte en me parlant finesse, ambiances…
J’ajoute ce titre à mes fiches mémo, rubrique films à voir dans le tiroir de la commode de la partie arrière gauche de ma petite tête. Et je finis par me programmer une petite séance ciné-cocooning avec ce film.

C’est la romance singulière d’un couple de vampires : Adam (Tom Hiddleston) et Eve (Tilda Swinton). Adam et Eve sont amants depuis des siècles mais vivent séparément : lui à Détroit, elle à Tanger.

Adam est un musicien underground, grognon et misanthrope, qui écoute en boucle ses vieux vinyles (ses goûts me plaisent bien ! ) Visiblement, il est adepte du précepte « C’était-mieux-avant » quand on voit la déco de sa maison où il vit reclus.
Sa période dépressive conduit Eve à le rejoindre, puis à l’emmener à Tanger. Eve est plus sociable, le fait sortir (de nuit, bien sûr). Ce qui est l’occasion pour Jim Jarmusch d’illustrer cette romance par de superbes images de leurs virées.

L’intérêt de ce film est non seulement dans la photographie mais aussi dans le détail des personnages, de leurs réflexions, dans l’ambiance ensorcelante que la musique entretient, magnifique, omniprésente, comme un personnage à part entière.

D’autres éléments comme la quête du sang, l’arrivée de la petite sœur d’Eve, ou le personnage de vieux vampire joué par John Hurt, mettent du piment et de la fantaisie dans cette histoire.

C’est un film de vampires, oui, mais ce n’est pas un thriller. Pas d’action haletante, pas de meurtres (ou si peu). Non, ce qui intéresse Jim Jarmusch, c’est leur immortalité, la vision de l’éternité, du temps immobile. C’est aussi l’expression d’une dualité entre le pessimisme sur l’évolution de l’humanité, sa dégénérescence fatale (Adam) et la jouissance des moments présents et des plaisirs de la vie, même éternelle, et pourquoi pas, l’espoir… (Eve).

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